samedi 16 août 2008

LE MONDE EST UN LİEU D'EPREUVES

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Dieu créa les hommes et tous les êtres vivants dans un but donné comme Il l’explique dans le Coran, guide qu’Il révéla à toute l’humanité : “Croyiez-vous que Nous vous avons créé pour le divertissement et que vous ne retourneriez pas vers Nous?” (Sourate Gafir, 115) et “Je n'ai créé les djinns et les hommes que pour qu'ils M'adorent… ” (Sourate ad-Dariyat, 56).

En d’autres termes, les hommes furent créés pour servir Dieu.

Les êtres humains ont une durée de vie moyenne de 60 à 70 ans. Mais le temps file comme les grains de sable dans le sablier. Chacun demeurera dans ce monde pour une durée connue de Dieu seul, car Dieu crée la destinée que personne ne peut modifier.

Toute chose dans ce monde arrivera à son terme le moment venu, car “la vie d'ici-bas ne paraîtra que comme une jouissance éphémère” (Sourate ar-Raad, 26). Toute chose, ici-bas, vieillit, diminue et est vouée à disparaître. Le temps détruit tout, aussi bien les hommes que les choses. Ceux qui s’attachent à cette vie éphémère finiront par tout perdre. C’est pourquoi notre Prophète (pbsl) recommanda de méditer sur la mort et dit : “Ceux qui sont les plus conscients de la mort et s’y préparent, ce sont là les plus sages.”1

Dans ses travaux, le grand savant musulman Bediuzzaman Said Nursi rappelait constamment à ses lecteurs l’aspect temporaire de la vie terrestre et invitait tous les hommes à travailler dur pour atteindre la vie de l’au-delà :

Le monde est une maison d’hôte où l’homme ne demeure qu’un court moment. Il est un invité avec de nombreux devoirs et durant sa courte vie il doit préparer toutes les nécessités pour la vie éternelle.2

Bediuzzaman compare la brève vie humaine à une visite temporaire et dans un autre exemple, il dit que “les êtres humains comme les animaux ont été amenés à vivre pour perpétuer leur vie dans le monde.” Il ajoute ensuite :

Ô mon âme et mon amie ! Reviens à toi ! Ne dilapide pas le capital et les possibilités de ta vie dans les plaisirs de la chair et dans cette vie éphémère tel un animal ou moins encore. Sinon, bien que cinquante fois supérieur en capital que le plus élevé des animaux, tu tomberas cinquante fois plus bas que le plus vil.3

Les êtres humains sont, en effet, doués de qualités supérieures comme l’intelligence, la conscience et le bon sens. Ainsi, le but de leur création n’est clairement pas la chasse aux plaisirs temporaires de cette vie terrestre courte et imparfaite, mais bien d’atteindre la beauté de l’éternité en recourant à leurs hautes qualités face aux épreuves.

Les individus sont éprouvés suivant leurs réactions devant les événements qu’ils rencontrent dans ce monde, et suivant leur caractère moral et leurs intentions. Il ne suffit pas de dire : “Je crois”. La foi doit transparaître dans les actes et dans les mots. Le jour du jugement, toutes les actions, publiques et secrètes, seront révélées et ils devront rendre des comptes détaillés pour chacune d’elle. Aucune injustice ne leur sera faite, car Dieu dit dans le Coran : “Ils ne seront point lésés, fût-ce d'un brin de noyau de datte…” (Sourate an-Nisa, 49). Ceux dont les bonnes actions pèseront lourd dans la balance connaîtront les beautés éternelles du paradis, tandis que ceux qui auront opté pour le mal trouveront leur récompense dans le châtiment éternel de l’enfer. Dieu a fait de cette courte vie un lieu d’épreuves :

Celui qui a créé la mort et la vie afin de vous éprouver et de savoir qui de vous est le meilleur en oeuvre, et c'est Lui le Puissant, le Pardonneur. (Sourate al-Mulk, 2)

Echanger la vie éternelle pour la vie de ce monde

L’une des graves erreurs des personnes non-croyantes consiste à considérer ce monde comme perpétuel. Ils ne sont pas conscients d’être testés, aussi se laissent-ils tromper par ses belles choses. Ils croient que ce qu’ils acquièrent est le résultat de leurs efforts et que par conséquent ils se suffisent à eux-mêmes. Dans un environnement non-croyant, l’individu finit par oublier la vie dans l’au-delà et s’affaire autour de choses qu’il estime belles et précieuses. Dans le Coran, Dieu nous parle de la soif pour ces babioles qui emprisonnent les hommes dans ce monde :

On a enjolivé aux gens l'amour des choses qu'ils désirent : femmes, enfants, trésors thésaurisés d'or et d'argent, chevaux marqués, bétail et champs; tout cela est l'objet de jouissance pour la vie présente, alors que c'est près de Dieu qu'il y a bon retour. Dis : “Puis-je vous apprendre quelque chose de meilleur que tout cela ? Pour les pieux, il y a, auprès de leur Seigneur, des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour y demeurer éternellement, et aussi, des épouses purifiées, et l'agrément de Dieu.” Et Dieu est Clairvoyant sur Ses serviteurs, (Sourate al-Imran, 14-15)

Comme Dieu l’indique dans ce verset, les hommes ont de nombreux désirs. Pourtant la satisfaction de ces désirs ne leur est d’aucun bénéfice, car leur véritable vie commence dans l’au-delà où ils demeureront pour l’éternité. Dieu explique cette vérité dans les versets suivants :

Et propose-leur l'exemple de la vie ici-bas. Elle est semblable à une eau que Nous faisons descendre du ciel; la végétation de la terre se mélange à elle. Puis elle devient de l'herbe desséchée que les vents dispersent. Dieu est certes Puissant en toutes choses ! Les biens et les enfants sont l'ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes oeuvres qui persistent ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et suscitent une belle espérance. (Sourate al-Kahf, 45-46)

D’après ce passage, toutes les richesses, les épouses, les apparats, les maisons, la gloire, la carrière et autres choses précieuses ici-bas ne sont rien moins que de brefs amusements, qui disparaîtront à un moment donné.

Or nombreux sont ceux qui ne se rendent pas compte de l’aspect transitoire des choses et qui se lancent dans une quête du superlatif : ils désirent davantage de biens matériels, de respect, le conjoint le plus séduisant, devenir le plus reconnu de leur profession… Ils sont si passionnément attachés à toutes ces choses qu’ils en oublient totalement la vie éternelle. Dans la mesure où pour eux, la mort signifie la destruction, ils ne sont pas préparés à l’autre vie.

Comme le dit Bediuzzaman, la mort n’est pas une séparation ni une destruction mais plutôt la fin des épreuves dans ce monde. C’est à ce moment-là que les individus recevront la rétribution de leurs actes :

La mort n’est pas terrifiante puisqu’elle semble superficielle. A travers la lumière du sage Coran, dans plusieurs parties de Risale-i Nur nous avons prouvé de manière complètement irréfutable que, la mort soulage les croyants des lourds devoirs de la vie. Pour eux, elle équivaut à un repos du culte qui est l’enseignement et la formation dans l’arène des épreuves de ce monde. Elle est également un moyen de rejoindre les amis et les relations les ayant déjà précédés. Et c’est un moyen d’entrer dans leur véritable patrie et éternelle demeure du bonheur. C’est également une invitation aux jardins du paradis depuis le donjon de ce monde. Et c’est le moment de recevoir le salaire de la munificence du Très Compatissant Créateur en échange des services rendus. Etant donné que telle est la réalité de la mort, elle ne doit pas être perçue comme étant terrifiante, mais plutôt comme l’introduction à la clémence et au bonheur.4

En d’autres termes, croire que ce monde est notre véritable patrie est une grande erreur. Comparée à l’éternité, cette vie ne dure pas même une minute. Ailleurs, Bediuzzaman illustre par un exemple la folie de privilégier le monde ici-bas au détriment du monde à venir :

Aussi, il parle d’un futur en comparaison duquel le futur de ce monde est tel un infime mirage. Et il parle très sérieusement d’un bonheur en comparaison duquel tout le bonheur terrestre n’est qu’un éclair devant un soleil éternel.5

Ainsi, contrairement à ceux qui vivent loin de la morale coranique, les musulmans ne se rebellent pas face à la mort. Bien au contraire, ils l’accueillent avec l’ardent espoir de recevoir dans l’autre vie les récompenses pour le bien accompli dans ce monde. Ils vivent dans l’espérance d’entrer au paradis, comblé de beautés.

Dieu révèle dans le verset suivant l’état de ceux qui se concentrent uniquement sur l’aspect transitoire de ce monde :

Ceux-là ont échangé la bonne direction contre l'égarement et le pardon contre le châtiment. Qu'est-ce qui leur fera supporter le feu ? (Sourate al-Baqarah, 175)

Ces individus qui “ont acheté l’incrédulité au prix de la foi”, ainsi dépeints dans un autre verset, se méprennent grandement. Nous pouvons citer un autre exemple pour mettre en valeur ce qu’ils perdent.

Voilà deux individus auxquels l’on donne beaucoup d’argent à dépenser comme bon leur semble. L’un dépense de manière insouciante et se retrouve rapidement sans aucun sous, tandis que l’autre l’utilise de sorte que lui et toute l’humanité en profitent. Lorsque la première personne est appelée à rendre des comptes, que lui reste-t-elle si ce n’est une grande tristesse?

En somme, tous les biens matériels, la culture, la renommée, la beauté et les autres bienfaits accordés aux êtres humains dans ce monde sont autant d’opportunités pour se préparer à l’au-delà. Conscients de ce fait, les croyants se saisissent pleinement de ces opportunités.

Les non-croyants sont comme les individus qui dilapident leur argent. Leur courte vie est menée dans l’insouciance et ensuite ils souffriront d’une grande perte dans la vie éternelle :

Dis : “Voulez-vous que Nous vous apprenions lesquels sont les plus grands perdants, en œuvres ? Ceux dont l'effort, dans la vie présente, s'est égaré, alors qu'ils s'imaginent faire le bien. Ceux-là qui ont nié les signes de leur Seigneur, ainsi que Sa rencontre. Leurs actions sont donc vaines”. Nous ne leur assignerons pas de poids au jour de la résurrection. (Sourate al-Kahf, 103-105)

Ceux qui attendent davantage de la vie et qui savent que seule la vie future est éternelle, comprennent que les plaisirs terrestres sont éphémères et s’efforcent par conséquent d’atteindre les beautés du paradis. Ils sont tout à fait gagnants dans le pacte qu’ils font avec Dieu :

Certes, Dieu a acheté des croyants, leurs vies et leurs biens en échange du paradis. Ils combattent dans le sentier de Dieu : ils tuent et ils se font tuer. C'est une promesse authentique qu'Il a prise sur Lui-même dans la Torah, l'Evangile et le Coran. Et qui est plus fidèle que Dieu à son engagement? Réjouissez-vous donc de l'échange que vous avez fait. C'est là le très grand succès. (Sourate at-Tawbah, 111)

Dieu éprouve par le bien et par le mal

Tous les hommes sont mis à l’épreuve d’une manière ou d’une autre au cours de leur vie. Dieu nous indique que cela peut se faire à travers le bien ou le mal :

Et Nous n'avons attribué l'immortalité à nul homme avant toi. Est-ce que si tu meurs, toi, ils seront, eux, éternels ? Toute âme doit goûter la mort. Nous vous éprouverons par le mal et par le bien à titre de tentation. Et c'est à Nous que vous serez ramenés. (Sourate al-Anbiya, 34-35)

Les hommes peuvent être éprouvés par toutes sortes de choses. Par exemple, tout en jouissant des bienfaits de l’abondance, ils doivent veiller à maintenir une moralité agréée par Dieu, s’adresser à Lui dans toutes leurs intentions et actions, obéir à Ses commandements et suivre Ses conseils. S’ils se laissent prendre par les plaisirs éphémères de ce monde, la richesse peut leur faire oublier la réalité. Cependant, les croyants sont toujours reconnaissants envers Dieu, quels que soient les bienfaits dont ils jouissent.

Les hommes peuvent être éprouvés par la maladie, les cataclysmes, les pressions exercées par les non-croyants, les paroles blessantes, la calomnie, les pièges ou les railleries. Les musulmans conscients de l’épreuve se raccrochent à la patience qui mène finalement au bien.

Comme nous l’avons mentionné plus tôt, ils ont conclu un pacte avantageux en échangeant la vie de ce monde contre celle de l’au-delà. Suivant le Coran, “… sachez que vos biens et vos enfants ne sont qu'une épreuve et qu'auprès de Dieu il y a une énorme récompense.” (Sourate al-Anfal, 28) Ils savent que leurs vies et leurs biens appartiennent tous à Dieu, c’est pourquoi ni le gain, ni la perte n’altère leur caractère moral, ni leur point de vue, ni leur fidélité à notre Seigneur. Dieu décrit cette qualité dans plusieurs versets:

Mais le Messager et ceux qui ont cru avec lui ont lutté avec leurs biens et leurs vies. Ceux-là auront les bonnes choses et ce sont eux qui réussiront. Dieu a préparé pour eux des jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, pour qu'ils y demeurent éternellement. Voilà l'énorme succès ! (Sourate at-Tawbah, 88-89)

Les vrais croyants sont seulement ceux qui croient en Dieu et en Son messager, qui par la suite ne doutent point et qui luttent avec leurs biens et leurs vies dans le chemin de Dieu. Ceux-là sont les véridiques. (Sourate al-Hujurat, 15)

Nous comprenons à la lecture de ces versets que, dans ce monde, les musulmans doivent multiplier les efforts dans la voie de Dieu pour obtenir Son agrément. Bediuzzaman nous dit que ce monde n’est qu’un lieu de service, que les hommes traversent en étant testés par les joies et les peines, et que la récompense de ceux qui endurent patiemment les frustrations et les douleurs sera immense.

Le royaume terrestre est le terrain d’évaluation, la demeure du service. Ce n’est pas un lieu de plaisir, de récompense, ni de vengeance. Puisqu’il s’agit de la demeure du service et d’un lieu de culte, les maladies et les malheurs – tant qu’ils n’affectent pas la croyance et sont endurés patiemment – se conforment pleinement au service et au culte, et les renforcent. Etant donné que chaque heure d’adoration équivaut à un jour, il faut remercier au lieu de se plaindre. L’adoration est, en fait, de deux sortes : positive et négative. Ce que l’on entend par positive est évident. L’adoration négative a lieu quand le croyant affligé par le malheur ou la maladie perçoit ses propres faiblesses et son impuissance, il se tourne alors vers son Soutien Compatissant, cherche refuge auprès de Lui, médite sur Lui, L’implore, et offre ensuite une forme pure d’adoration, sans hypocrisie. S’il endure patiemment, pense à la récompense successive au malheur et offre ses remerciements, alors chaque heure qu’il passe en adoration comptera comme un jour entier. Sa courte vie devient donc très longue. Il existe même des cas où une seule minute compte autant qu’un jour entier d’adoration.6

Il est très important de réfléchir sur ces sages paroles. Les hommes ont la responsabilité de servir Dieu, de se soumettre et de s’attacher à Lui en toutes circonstances. Une manière de montrer son attachement est de faire preuve de patience dans l’adversité et face aux frustrations de ce monde. De plus, les problèmes semblent arriver quand on s’y attend le moins et durent, ou semblent durer, une éternité ; par exemple pour l’homme riche ruiné, la personne aux multiples succès qui connaît l’échec, la personne frappée par la perte d’un être cher, la maladie ou l’handicap. Peu importe le degré d’épreuve, Dieu promet le bien sans fin à Ses serviteurs endurants.

Aussi faut-il faire le meilleur usage de chaque instant accordé dans ce monde. Avant de faire ou de dire une chose, le croyant doit s’interroger sur la meilleure voie qui mène à la satisfaction de Dieu. Et surtout, il doit éviter de se laisser emporter par ce monde et d’oublier l’existence d’un au-delà. En bref, il doit éviter de troquer l’éternité contre un plaisir transitoire. Le moyen de bénéficier de la bonté infinie est de se tourner vers Dieu :

Toute âme goûtera la mort. Mais c'est seulement au jour de la résurrection que vous recevrez votre entière rétribution. Quiconque donc est écarté du feu et introduit au paradis a certes réussi. Et la vie présente n'est qu'un objet de jouissance trompeuse. Certes vous serez éprouvés dans vos biens et vos personnes ; et certes vous entendrez de la part de ceux à qui le Livre a été donné avant vous, et de la part des associateurs, beaucoup de propos désagréables. Mais si vous êtes endurants et pieux... voilà bien la meilleure résolution à prendre. (Sourate al-Imran, 185-186)

LE GRAND SECRET

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Dieu nous dit que les croyants endureront de nombreuses épreuves dans ce monde, aussi bien dans leurs vies personnelles et dans leurs biens que par des pièges tendus par des non-croyants. En d’autres termes, les croyants peuvent connaître l’adversité à chaque étape de leurs vies. Toutefois il importe avant tout qu’ils maintiennent les valeurs morales du Coran même en des temps difficiles, qu’ils se rappellent sans cesse Dieu, qu’ils Le remercient et qu’ils restent confiants.

Bien sûr, il est plus facile d’user d’un tel comportement quand tout vous réussi plutôt que lorsque les choses vous dépasse. Mais la force de la foi du musulman réside dans son refus de compromettre son caractère moral. Les musulmans qui endurent patiemment la pauvreté, la faim, la peur, les pertes humaines et matérielles, la maladie, les menaces des non-croyants, la calomnie ou les pièges recevront une meilleure récompense pour leur excellence morale.

Le Coran cite des exemples de pièges et de pressions subies par les Prophètes et les pieux compagnons. Pharaon fut en l’occurrence un grand oppresseur de son peuple. Dans le Coran, Dieu dit que c’était là une épreuve de Sa part :

Et lorsque Nous vous sauvâmes des hommes de Pharaon, qui vous soumettaient aux plus mauvais tourments : ils égorgeaient vos fils sans pitié et gardaient en vie vos femmes. C'était là une bien grande épreuve de la part de votre Seigneur. (Sourate al-Baqarah, 49)

Tout ce que les non-croyants entreprennent pour empêcher le bien est une épreuve pour les croyants. Leur caractère moral inébranlable, leur courage et leur force morale face à ces tests élèveront leur récompense et leur statut au paradis. Dieu nous indique dans les versets suivants quel genre d’épreuves les croyants subiront et la finesse de caractère dont ils feront preuve :

Très certainement, Nous vous éprouverons par un peu de peur, de faim et de diminution de biens, de personnes et de fruits. Et fais la bonne annonce aux endurants, qui disent, quand un malheur les atteint : “Certes nous sommes à Dieu, et c'est à Lui que nous retournerons”. Ceux-là reçoivent des bénédictions de leur Seigneur, ainsi que la miséricorde. Ceux-là sont les biens guidés. (Sourate al-Baqarah, 155-157)

La confiance et la soumission décrites dans les versets ci-dessus sont un magnifique exemple pour tous les musulmans. Or, les non-croyants ne peuvent comprendre cette confiance patiente, car ils croient que les croyants sont, comme eux, guidés par leurs propres valeurs erronées. Ils s’attendent, par conséquent, à ce que les croyants se laissent entraîner par l’opulence matérielle et que les épreuves les effraient au point d’oublier leur foi.

Ils se trompent ! Les musulmans, comprenant le secret derrière l’adversité, savent que la meilleure chose à faire dans ces cas est d’être patient. Les musulmans mettant en pratique les valeurs morales décrites dans le Coran et s’appliquant à inculquer celles-ci aux autres, voient dans tous ces problèmes un signe de la bonne voie. C’est pourquoi leur enthousiasme, leur joie et leur détermination sont décuplés.

Dans le Coran, Dieu parle des lois inaltérées depuis toujours, dont le fait que les croyants rencontreront des difficultés et qu’ils seront opprimés par les non-croyants, sans pour autant que ces derniers ne réussissent dans leurs tentatives :

Quand même ils ont bien failli t’obliger par la terreur et la provocation à sortir de cette terre et, dans ce cas, ils n’y seraient restés que très peu de temps après toi. Telle fut la règle appliquée par Nous à Nos messagers que nous avons envoyés avant toi. Et tu ne trouveras pas de changement en Notre règle. (Sourate al-Isra, 76-77)

Il s’agit là de l’un des secrets derrière les épreuves de ce monde. Dieu avertit les musulmans de ce qu’ils devront affronter. Il leur révèle également qu’ils ne pourront entrer au paradis qu’à la condition de faire face aux mêmes difficultés que leurs pieux prédécesseurs :

Pensez-vous entrer au paradis alors que vous n'avez pas encore subi des épreuves semblables à celles que subirent ceux qui vécurent avant vous ? Misère et maladie les avaient touchés et ils furent secoués jusqu'à ce que le Messager, et avec lui, ceux qui avaient cru, se fussent écriés : “Quand viendra le secours de Dieu ?” Le secours de Dieu est sûrement proche. (Sourate al-Baqarah, 214)

La soumission au destin

Un autre secret important réside dans la réalité du destin. Tout musulman sait que Dieu créé toute chose, notamment l’homme et ses parties, en lui allouant sa propre destinée. Il sait aussi que tout ce qui se produit dans le monde, sans exception, a lieu par Sa volonté, comme Dieu rappelle dans le verset suivant :

C'est Lui qui détient les clefs de l'Inconnaissable. Nul autre que Lui ne les connaît. Et Il connaît ce qui est dans la terre ferme, comme dans la mer. Il ne tombe pas une feuille sans qu'Il ne le sache. Et pas une graine dans les ténèbres de la terre, rien de frais ou de sec, qui ne soit consigné dans un Livre explicite. (Sourate al-Anam, 59)

Personne ne connaît le futur, car chacun est limité par le temps et ne peut évaluer les événements que du point de vue de l’instant où il vit. Ne connaissant pas le futur, il peut donc être difficile d’avoir conscience de la signification ou de l’utilité sur le long terme de ce qui est vécu sur le moment. Mais Dieu, Créateur du temps, existe et voit tout “en dehors du temps”. Cela nous mène à la réalité de la destinée, définie comme la connaissance de Dieu de tous les événements passés et futurs, ainsi que leurs résultats, en un instant.

Ainsi Dieu connaît-Il le début et le terme de toutes les épreuves humaines, passées, futures et présentes. A Ses yeux, tout a déjà été accompli. Or, nous ne prenons connaissance de ces événements que lorsque nous les vivons le moment venu.

Les non-croyants ne peuvent pas comprendre cette “science du destin”, et ne peuvent donc pas en être conscients. C’est cette connaissance qui permet aux musulmans de faire preuve de patience face aux situations difficiles. Dieu dit dans le Coran : “Nul malheur n'atteint l'homme que par la permission de Dieu. Et quiconque croit en Dieu, Dieu guide son cœur. Dieu est Omniscient.” (Sourate at-Tagabun, 11), les croyants vivent dans le confort de savoir que ce qui leur arrive est le fruit du destin.

Dans Sa clémence, Dieu créa des épreuves variées pour les croyants qu’Il rendit facile à surmonter, à condition qu’ils Lui restent fidèles et qu’ils s’en remettent à Lui. Les musulmans qui croient vraiment et se soumettent réellement à Lui voient une leçon dans les changements constants qui se produisent autour d’eux et ils les attendent avec excitation et gratitude. Tel celui qui est confortablement installé au cinéma devant un film, ils suivent avec une confiance joyeuse le destin préparé pour eux. Parfois les situations sont riches en activité ou effrayantes ; parfois elles sont agréables et apaisantes. Toutefois, dans l’ensemble, la joie et l’enthousiasme de la foi dominent. Même les situations effrayantes sont planifiées et font partie de la science de Dieu et donc sous Son contrôle.

Les musulmans qui saisissent la réalité du destin et le secret de ses épreuves voient dans chaque expérience de malheur, de faim ou de pauvreté, une bonne chose et y trouvent un grand plaisir, car ils savent que l’excellence morale dont ils continuent à faire preuve est très précieuse pour Dieu. Cette catégorie de joie est propre aux croyants. Dans l’adversité, les musulmans ne se laissent pas aller à la mélancolie, au stress, à la douleur, à la panique ou à la peur, puisqu’ils savent que Dieu retournera la situation en leur faveur. Dans le Coran, Dieu leur dit :

... Et jamais Dieu ne donnera une voie aux mécréants contre les croyants. (Sourate an-Nisa, 141)

Il faut bien comprendre un point ici : Peu importe ce que vit le musulman dans ce monde, peu importe la difficulté ou la frustration, la diminution matérielle ou physique, la maladie ou les blessures, la mort ou les handicaps, ce ne sont pas là de “mauvaises expériences” mais plutôt des évaluations de Dieu. S’il se montre patient au cours de ses évaluations et les réussit, Dieu le récompensera avec une vie éternelle au paradis.

Une fois que le musulman sait cela, il souhaite affronter encore plus d’épreuves. Par ailleurs, cet enthousiasme déjoue les pièges des non-croyants et réduit à néant leurs efforts. Quand le non-croyant pense avoir mis à mal un croyant, et qu’il voit la joie et le contentement sincère du croyant, il comprend qu’il ne pourra jamais lui faire de mal. Les paroles des croyants dans l’adversité démontrent leur soumission et leur confiance en Dieu. Nous lisons dans le Coran quelques-unes de ces paroles :

“Et qu'aurions-nous à ne pas placer notre confiance en Dieu, alors qu'Il nous a guidés sur les sentiers que nous devions suivre ? Nous endurerons sûrement la persécution que vous nous infligez. Et ceux qui ont confiance en Dieu s'en remettent entièrement à Lui.” Et ceux qui ont mécru dirent à leurs Messagers : “Nous vous expulserons certainement de notre territoire, à moins que vous ne réintégriez notre religion !” Alors, leur Seigneur leur révéla : “Assurément Nous anéantirons les injustes et vous établirons dans le pays après eux. Cela est pour celui qui craint Ma présence et craint Ma menace.” (Sourate Ibrahim, 12-14)

Dis : “Rien ne nous atteindra, en dehors de ce que Dieu a prescrit pour nous. Il est notre Protecteur. C'est en Dieu que les croyants doivent placer leur confiance”. (Sourate at-Tawbah, 51)

Une telle attitude est le résultat de la soumission des croyants au destin créé par Dieu. Faire confiance à Dieu et s’en remettre à Lui protège de la peur ou de l’abattement.

Ceux qui disent : “Notre Seigneur est Dieu” et qui ensuite se tiennent sur le droit chemin. Ils ne doivent avoir aucune crainte et ne seront point affligés. (Sourate al-Ahqaf, 13)

Non, mais quiconque soumet à Dieu son être tout en faisant le bien, aura sa rétribution auprès de son Seigneur. Pour eux, nulle crainte, et ils ne seront point attristés. (Sourate al-Baqarah, 112)

En vérité, les bien-aimés de Dieu seront à l'abri de toute crainte. Ils ne seront point affligés. Ceux qui croient et qui craignent Dieu, il y a pour eux une bonne annonce dans la vie d'ici-bas tout comme dans la vie ultime. Il n'y aura pas de changement aux paroles de Dieu. Voilà l'énorme succès ! (Sourate Yunus, 62-64)

Dans d’autres versets, Dieu révèle que ceux de Ses serviteurs qui croient et se soumettent à Lui ont un soutien fiable :

Et quiconque soumet son être à Dieu, tout en étant bienfaisant, s'accroche réellement à l'anse la plus ferme. La fin de toute chose appartient à Dieu. (Sourate Luqman, 22)

Nulle contrainte en religion ! Car le bon chemin s'est distingué de l'égarement. Donc, quiconque mécroit aux fausses divinités tandis qu'il croit en Dieu saisit l'anse la plus solide, qui ne peut se briser. Et Dieu est Audient et Omniscient. (Sourate al-Baqarah, 256)

Voir les événements dans la perspective du futur

Lorsque les croyants se rendent compte qu’ils sont testés dans ce monde, ils peuvent voir les événements du point de vue de l’avenir. Qu’est-ce que cela signifie ?

Quelles que soient les embûches, la situation est temporaire. Il se peut, par exemple, que quelqu’un souffre injustement d’être accusé à tort d’une chose qu’il n’a pas commise. Mais la vérité finira par être révélée. Même si l’injustice ne se termine pas dans ce monde, les instigateurs de l’injustice seront punis pour leurs actes le jour du jugement. De la même manière, les victimes de l’injustice attendent ce jour, où leur patience sera récompensée. A la vitesse où le temps passe, toutes les épreuves disparaîtront en un clin d’œil. Dieu promet d’envoyer la facilité à chaque musulman au terme de l’évaluation :

Avec la difficulté vient, certes, la facilité ! Avec la difficulté vient, certes, la facilité ! (Sourate as-Sarh, 5-6)

Ainsi les croyants, confiants en l’infinie justice de Dieu, comptent sur le soulagement promis et ne perdent jamais espoir. Ils se rappellent que le bien succède à l’épreuve, dans ce monde ou dans le suivant. Voilà ce que signifie « voir les choses dans la perspective du futur ».

Les musulmans savent qu’ils sont les observateurs de leur propre destin et de celle des autres. Ils suivent ainsi tout avec patience, confiance et soumission. De plus, ils reconnaissent qu’ils ne peuvent ni interférer, ni empêcher, ni arrêter le déroulement d’un événement. Ils se répètent constamment ces mots : “… Or, il se peut que vous ayez de l'aversion pour une chose alors qu'elle vous est un bien. Et il se peut que vous aimiez une chose alors qu'elle vous est mauvaise. C'est Dieu qui sait, alors que vous ne savez pas.” (Sourate al-Baqarah, 216). Autrement dit, tout ce qui peut arriver de négatif au musulman finit par lui profiter, à condition qu’il reste patient et fidèle à Dieu. Les épreuves lui permettent en effet de s’entraîner, d’approfondir sa foi, d’améliorer son caractère moral, de mûrir spirituellement et intellectuellement et d’élever son statut au paradis.

Seuls les croyants sincèrement et entièrement soumis à Dieu connaîtront cet état spirituel. Quant à ceux qui ne se soumettent pas au destin et qui rejettent la religion, ils seront envahis par le désespoir, la peur et l’agitation, incapables de trouver une issue à leurs problèmes. N’ayant aucun espoir ni aucune attente en rapport à l’au-delà, ils vivent dans un état constant de désespoir spirituel et de frustration. Le verset suivant décrit cet état d’esprit :

Et puis, quiconque Dieu veut guider, Il lui ouvre la poitrine à l'islam. Et quiconque Il veut égarer, Il rend sa poitrine étroite et gênée, comme s'il s'efforçait de monter au ciel. Ainsi Dieu inflige Sa punition à ceux qui ne croient pas. (Sourate al-Anam, 125)

Les non-croyants sont la cause de leur oppressante frustration car ils rejettent la notion de destin créée par Dieu. Le fait que Dieu, dans Sa toute-puissance, dirige le destin de chacun et gouverne tout, est une grande bénédiction pour les musulmans, dont la valeur est inconnue des non-croyants. Ces derniers s’enlisent dans leur frustration jusqu’à leur mort, en punition pour leur manque de confiance en Dieu. Ils s’attirent délibérément ce tourment spirituel :

En vérité, Dieu n'est point injuste à l'égard des gens, mais ce sont les gens qui font du tort à eux-mêmes. (Sourate Yunus, 44)

LES EPREUVES CONTİNUENT JUSQU A LA MORT

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Chaque personne est éprouvée dans ce monde jusqu’au jour de sa mort. C’est pourquoi il faut s’attacher à conformer sa vie aux commandements divins, à se rappeler Dieu, à chercher Sa satisfaction et à accomplir les actes d’adoration.

L’individu déviant du droit chemin et ingrat envers Dieu au moment de sa mort peut échouer à la mise à l’épreuve et réduire à néant les efforts de toute sa vie.

Tous les musulmans doivent sérieusement prendre garde face à ce danger, parce que Satan, l’ennemi de l’homme, ne se ménagera pas pour exploiter les faiblesses, même au moment de la mort. C’est pourquoi la mort est un moment important. Il ne suffit pas de se dire : ­“Je crois en Dieu. J’ai vraiment œuvré dans Sa voie et ai certainement mérité le salut.” Dieu dit qu’il faut prier pour son salut “par crainte et espoir” jusqu’au dernier moment (Sourate as-Sajda, 16). Chaque musulman est invité à méditer sur ce commandement :

O les croyants ! Craignez Dieu comme Il doit être craint. Et ne mourez qu'en pleine soumission. (Sourate al-Imran, 102)

Ceux qui croient et ensuite adjurent leur foi

La foi est l’une des grandes bénédictions de Dieu, car elle apporte le bonheur et la paix dans ce monde ainsi que le salut dans l’au-delà. Aussi, comme pour chaque bienfait, nous devons remercier Dieu pour la foi qu’Il accorde ou qu’Il retient suivant Sa volonté. Ceux à qui Dieu n’octroie pas la foi ne seront jamais capables de l’acquérir, même si l’univers entier voulait la leur donner :

Même si tu désirais ardemment qu'ils soient guidés... Sache que Dieu ne guide pas ceux qui s'égarent. Et ils n'auront pas de secoureurs. (Sourate an-Nahl, 37)

Les croyants sont donc, par la grâce de Dieu, sauvés de l’incrédulité, ce qui leur vaut de réciter cette prière des gens du paradis :

Louange à Dieu qui nous a guidés à ceci. Nous n'aurions pas été guidés, si Dieu ne nous avait pas guidés. Les Messagers de notre Seigneur sont venus avec la vérité. ( Sourate al-Araf, 43)

Remercier Dieu d’un bienfait signifie louer Dieu verbalement et agir de manière adéquate. La prière est en soi un acte de remerciement. C’est pourquoi le musulman doit veiller à la réciter soigneusement et attentivement. Il témoigne ainsi sa reconnaissance pour le magnifique don et fait de son mieux pour satisfaire Dieu en se consacrant à Lui.

Si le musulman estime que son statut de croyant lui assure la voie du paradis ou s’il oublie les épreuves, alors les bienfaits peuvent très bien lui être retirés. Son cœur peut graduellement s’endurcir au point de nier l’existence de Dieu. Ses actes perdent par conséquent toute valeur et ses récompenses sont annulées. Voilà ce que Dieu dit de tels individus :

... Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du feu : ils y demeureront éternellement. (Sourate al-Baqarah, 217)

En effet, il t'a été révélé, ainsi qu'à ceux qui t'ont précédé : “Si tu donnes des associés à Dieu, ton oeuvre sera certes vaine; et tu seras très certainement du nombre des perdants.” (Sourate az-Zumar, 65)

Et les croyants diront : “Est-ce là ceux qui juraient par Dieu de toute leur force qu'ils étaient avec vous ?” Mais leurs actions sont devenues vaines et ils sont devenus perdants. Ô les croyants ! Celui d’entre vous qui reniera sa foi, Dieu fera venir un peuple qu'Il aime et qui L'aime, modeste envers les croyants et fier et puissant envers les mécréants, qui lutte dans le sentier de Dieu, ne craignant le blâme d'aucun blâmeur. Telle est la grâce de Dieu. Il la donne à qui Il veut. Dieu est Immense et Omniscient. (Sourate al-Maidah, 53-54)

Dans le Coran, Dieu nous parle des croyants ayant rejeté leur foi et dévié du droit chemin :

Ceux qui ont cru, puis sont devenus non-croyants, puis ont cru de nouveau, ensuite sont redevenus non-croyants, et n'ont fait que croître en mécréance, Dieu ne leur pardonnera pas, ni les guidera vers un chemin droit. (Sourate an-Nisa, 137)

En vérité, ceux qui ne croient plus après avoir eu la foi et laissent augmenter encore leur mécréance, leur repentir ne sera jamais accepté. Ceux-là sont vraiment les égarés. (Sourate al-Imran, 90)

Dieu décrit également leur état dans l’au-delà :

… Au jour où certains visages s'éclaireront, et que d'autres s'assombriront. A ceux dont les visages seront assombris, il sera dit : “Avez-vous mécru après avoir eu la foi ?” Eh bien, goûtez au châtiment, pour avoir renié la foi. (Sourate al-Imran, 106)

Ces versets traduisent bien le danger d’abandonner la foi pour le mauvais chemin. Il existe pourtant des individus qui durant une partie de leur existence, croient en l’existence de Dieu et appliquent ses commandements, mais qui finissent par se détourner de la religion à cause de leur moi inférieur. Ils perdent toute notion de religion, parfois dans une mesure plus grande que les autres. Ils abandonnent tout ce qu’ils savaient être juste et concordant avec la volonté de Dieu. Il en résulte que toutes leurs bonnes œuvres sont annulées. Dieu sait mieux. Il ne faut donc pas oublier un seul instant que nous sommes éprouvés dans ce monde et que Satan essaiera de nous faire dévier du droit chemin par ses suggestions et ses doutes. Nier l’existence de Dieu après avoir cru mène au supplice sans fin.

Par ailleurs, ceux qui rejettent leur foi mènent une vie misérable. Même s’ils semblent jouir d’un certain confort matériel, ils souffrent spirituellement durant toute leur vie. Ils savent pertinemment la vérité, mais tentent d’étouffer leur conscience sans pour autant parvenir à se débarrasser du sentiment de culpabilité qui brûle leur âme. Or la souffrance qu’ils éprouvent durant cette vie est sans commune mesure avec celle qu’ils auront à subir après la mort. Dieu révèle :

Ceux qui ne croient pas et qui meurent mécréants, il ne sera jamais accepté d'aucun d'eux de se racheter même si pour cela ils donnaient le contenu, en or, de la terre. Ils auront un châtiment douloureux et ils n'auront point de secoureurs. (Sourate al-Imran, 91)

L’existence d’un tel danger doit maintenir les croyants en alerte jusqu’à leur dernier souffle. Ils ne doivent jamais se relâcher, s’imaginant qu’ils en ont fait assez, car c’est là que la menace guette. Comme il est dit dans le Coran : “ Prenez garde ! Vraiment l'homme devient rebelle, dès qu'il estime qu'il peut se suffire à lui-même.” (Sourate al-Alaq, 6-7)

Gardez donc toujours ce danger à l’esprit et agissez de sorte à recevoir l’agrément de Dieu. Les épreuves de ce monde continueront jusqu’au dernier instant.

Ceux qui rechignent dans la lutte et ceux qui l’évitent

Les hommes de peu ou pas de foi vivent parfois parmi les musulmans comme si de rien n’était, suivant apparemment les règles de la religion. Cependant, Dieu révèle leur véritable caractère par certains tests. Les musulmans endurants face aux problèmes, à la faim, la maladie, le besoin, la mort se renforcent, tandis que ceux dont le cœur est malade se rapprochent encore plus de l’incrédulité.

Donc une fois de plus, nous saisissons l’importance de chaque instant. Certains individus peuvent passer la plus grande partie de leur vie à croire en Dieu, à promouvoir la religion et à accomplir de bonnes œuvres. Mais s’ils cessent d’agir selon leur conscience, se relâchent et s’endurcissent, ils ne pourront plus faire preuve du discernement nécessaire. Les soucis matériels finissent par prendre le dessus sur la nécessité de rechercher le plaisir de Dieu, et les conduisent petit à petit vers la voie de l’incrédulité.

De nombreux versets relatent les luttes des Prophètes pour protéger les innocents des agressions et de préserver la religion. A cette époque, la lutte était un important acte d’adoration. Notre Prophète Mohammed (pbsl) se lança dans une dure bataille contre les communautés non-croyantes. Chaque combat mené sur l’ordre de Dieu et de son Prophète (pbsl) est un devoir religieux. Dieu dit dans le Coran que quiconque fuit cette responsabilité verra son cœur se sceller car le désir de fuite dénote une perte de foi.

Aujourd’hui, le combat des musulmans contre les non-croyants se mène sur le front des idées. Il s’agit de réfuter tous les arguments de ceux qui utilisent la science pour nier l’existence de Dieu. Cela fait partie des devoirs du musulman. Dieu répète dans le Coran que ceux qui refusent de s’impliquer ont un cœur dur :

Et lorsqu'une sourate est révélée : “Croyez en Dieu et luttez en compagnie de Son Messager”, les gens qui ont tous les moyens de combattre parmi eux te demandent de les dispenser du combat et disent : “Laisse-nous avec ceux qui restent”. Il leur plaît de demeurer avec celles qui sont restées à l'arrière. Leurs cœurs ont été scellés et ils ne comprennent rien. (Sourate at-Tawbah, 86-87)

Ceux qui cherchent des excuses une fois confrontés aux problèmes tuent leur propre esprit dans leur tentative de fuite :

S'il s'était agi d'un profit facile ou d'un court voyage, ils t'auraient suivi; mais la distance leur parut longue. Et ils jureront par Dieu : “Si nous avions pu, nous serions sortis en votre compagnie.” Ils se perdent eux-mêmes. Et Dieu sait bien qu'ils mentent. (Sourate at-Tawbah, 42)

Ces exemples du temps de notre Prophète (pbsl) et de Prophètes précédents dénotent une réalité essentielle : Dieu teste continuellement les hommes et Il prévoit des royaumes séparés pour ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. Lorsque les musulmans font preuve de force et de détermination face aux malheurs, les faibles se dévoilent et se détournent de la religion. A l’époque du Prophète (pbsl), lors d’une guerre entre les musulmans et les non-croyants, certains musulmans se montrèrent faibles et se laissèrent envahir par l’angoisse, pensant à autre chose qu’à la vérité de Dieu. Satan tenta de faire sortir ces musulmans du droit chemin :

Ceux d'entre vous qui ont tourné le dos, le jour où les deux armées se rencontrèrent, c'est seulement le diable qui les a fait dévier, à cause d'une partie de leurs actions. Mais, certes, Dieu leur a pardonné. Car vraiment Dieu est Pardonneur et indulgent ! (Sourate al-Imran, 155)

Cet incident contient une leçon essentielle pour les musulmans : Dieu annonce que les hommes doivent être éprouvés pour séparer les bons des mauvais, et la seule manière d’endurer ces moments difficiles est d’avoir une foi forte et sincère. Certes, Dieu facilite les choses pour Ses pieux serviteurs, affermit leurs pas et remplit leur cœur de sentiments de bien-être et de sécurité. Nous ne devons toutefois pas oublier Sa promesse de bien-être et de sérénité. Nous ne devons toutefois pas oublier Sa promesse consistant à tester les êtres humains pour distinguer les bons des mauvais :

Pensez-vous que vous serez délaissés, cependant que Dieu n'a pas encore distingué ceux d'entre vous qui ont lutté et qui n'ont pas cherché des alliés en dehors de Dieu, de Son Messager et des croyants ? Et Dieu est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. (Sourate at-Tawbah, 16)

Est-ce que les gens pensent qu'on les laissera dire : “Nous croyons !” sans les éprouver? Certes, Nous avons éprouvé ceux qui ont vécu avant eux. Ainsi Dieu connaît ceux qui disent la vérité et ceux qui mentent. (Sourate al-Ankabut, 2-3)